Blog - conseiller général 54

Mathieu Klein, conseiller général socialiste de Nancy-Nord, vice-président du conseil général de Meurthe-et-Moselle

lundi 8 août 2005

Le Haut du Lièvre est connu pour ses barres, peut être un peu moins pour ses deux lotissements (Parc Sainte- Catherine et Parc Gentilly). De part et d'autre de l'avenue Pinchard, deux mondes se regardent. Les maisons du Parc Sainte- Catherine sont habitées par des personnes qui ont souvent vu le quartier se construire, qui se sont endettées pour devenir propriétaires, à une époque où s'y installer était parfois un rêve, celui de participer à la création d’une nouvelle ville.

Cette avenue Pinchard est aussi celle qui inquiète beaucoup d’habitants du quartier : sera-t-elle demain la ligne de démarcation entre le nouveau quartier « du Plateau » dans le cadre de la rénovation à venir et le vieux Haut du’L qui restera abandonné avec ses barres ?

C’est en tout cas frappant de passer de l’un à l’autre. Je perçois (bien plus que l’année dernière lors de la campagne des cantonales) la fracture entre la mythique et fantasmatique « classe moyenne » paupérisée et précarisée, mais « juste au dessus du plafond de ressources d’à peu près toutes les aides » selon une formule entendue et ceux qui subsistent avec les revenus de la solidarité nationale, essentiellement le RMI.

D’un côté ceux qui vivent mal de leur travail, qui subissent des horaires flexibles, qui n’ont pas les revenus suffisants pour offrir ce qu’ils souhaiteraient à leurs enfants ou profiter de leur retraite et de l’autre ceux qui voudraient travailler mais sont ou trop vieux, ou trop Maghrébins ou trop Noirs ou chômeurs de trop longue durée, ou trop qualifiés pour le poste, ou tout simplement avec le mauvais code postal sur leur CV (le fameux 54100 du Haut du Lièvre).

Les premiers le disent et ne croient plus à la politique. Ils parlent peu ouvertement du FN, mais en veulent de plus ou plus ouvertement à « ces fainéants de l’autre côté de l’avenue ». Dialoguer est difficile, mais pas impossible. Ce n’est pas le temps imparti par une campagne électorale expresse qui est suffisant. Les seconds ont au moins cela en commun avec les premiers : la politique c’est au pire plus rien et au mieux un donnant – donnant dans l’air du temps individualiste et libéral : tu m’aides pour tel projet et je t’aide pour telle élection.

La gauche a vis-à-vis de toutes ces personnes une grande responsabilité : morale, économique et sociale. Il faudra autre chose que des mots pour retrouver la confiance durablement : le droit de vote des étranger, plutôt que d’en parler, faisons le immédiatement quand nous reviendrons au pouvoir. La lutte contre la précarité et la flexibilité contrainte, il faut que nous soyons en première ligne sur ces sujets.

La dignité humaine, le respect de chaque personne, de chaque quartier, l’égalité réelle : ne laissons pas Sarkozy dévoyer nos valeurs, réduire les gens à leur communauté et leurs différences.

Un seul me parle sans m’en parler du FN « Ah, monsieur Klein, pfff …. Moi je ne vote ni à droite ni à gauche si vous voyez ce que je veux dire, inutile de perdre votre temps dans cette maison ! ». Je crois comprendre et m’en vais mais il se ravise (à 50 mètres) et me lance dans la rue « et puis vous avec vos 35h et vos homosexuels, c’est une hooooonteeee !!!!). Quelque chose me dit que la RTT il va s’en remettre, mais pour ce qui est du Pacs, je suis moins sûr…

Posté par Mathieu Klein à 20:33 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 7 août 2005

Week-end 6 et 7 août

Première sortie avec JK aux marchés d'Haussonville et central, et première interpellation à propos de mon choix sur la constitution européenne. Ce monsieur, nouvel électeur de l'UDF, m'explique son point de vue et ne comprend pas le mien. Je l'écoute, j'assume mes choix, celui d'avoir voté non et celui d'avoir respecté la démocratie interne du Parti socialiste en ne faisant pas campagne publiquement. Je ne crois pas à une nouvelle ligne de fracture durable dans la gauche entre oui et non.

Pour beaucoup de socialistes et de Français en général, le débat était entre ceux qui estimaient devoir ratifier d'abord et renégocier ensuite un traité social et ceux, dont je suis, qui pensaient que la ratification du projet de constitution rendrait très difficile toute renégociation. Et après le 29 mai, comment ne pas voir que les symptômes de la crise démocratique et sociale déjà révélés le 21 avril 2002 sont toujours présents ?

Les électeurs ont tranché, il faut maintenant aller de l'avant en Europe, répondre peut être d'abord aux questions laissées en suspend depuis la chute du Mur de Berlin : l'approfondissement et la démocratisation de l'Union Européenne, les ressources à lui procurer pour pouvoir correctement accueillir les nouveaux pays membres.

 

Fête du Parc du Joli Coeur aux III Maisons, trois candidats, quelques adjoints au maire et des dames impatientes de danser, se désolant une nouvelle fois de l'absence de cavaliers masculins. Un élu de la majorité municipale : "on voit qu'il y a des élections bientôt, le mousseux est de bien meilleure qualité que d'habitude !". Si c'est lui qui le dit ....

 

Posté par Mathieu Klein à 20:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 5 août 2005

En déjeunant avec le directeur d'un festival culturel nancéien d'automne, je m'aperçois combien l'exercice de la dissidence est complexe. L'effet produit est multiple, mélange de trouble et de fascination. Là où je rejoins le candidat DVG, c'est sur la dénomination de l'exercice. Quand on pense en effet aux dissidents politiques Chinois, Cubains ou Coréens aujourd'hui et à des milliers d'autres avant eux dans d'autres pays, cela jette une lumière crue sur l'usage banalisé que nous en faisons en démocratie.

Cela dit, le résultat reste limpide : si tu veux un député PS, vote PS ... (ah, les raisonnements simplistes de l'apparatchik !)

 

Dis moi combien de bises tu claques, je te dirai combien de voix tu gagnes ...

Les 106 ans d'une des doyennes du canton de Nancy Nord ont donné lieu à un ballet tout à fait intéressant à la maison de retraite, l'adjoint au maire et le conseiller général se sont pliés de bonne grâce à l'exercice avec la centaine de résidants réunis pour fêter leur colocataire.

C'est dans ces moments que je regretterais presque de ne pas être plutôt spectateur qu'acteur et à voir le mal à se retenir de rire franchement du journaliste présent, je me dis que je ne dois pas avoir tout à fait tort ...

 

La première fois que je suis allé dans cette maison du quartier Saint Fiacre, quelques semaines avant les cantonales en 2004, le tour des tables m'avait valu une scène mémorable. Je discute avec un groupe de choses et d'autres quand soudain une dame me toise sévèrement et lâche "Vous savez, ce n'est pas parce qu'on vous parle que l'on va voter pour vous. Ici, on est de droite !" et aussi sec sa voisine qui rebondit "Ne l'écoutez pas, elle est folle ! Moi je ne suis pas de droite et je ne suis pas la seule !", puis la première "Eh bien première nouvelle, tu te mets à voter socialiste à ton âge toi, on aura tout entendu !". Je n'ai pas réussi à ramener la paix et je crois que la partie de carte a été interrompue ....

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jeudi 4 août 2005

Ce ne sera donc pas « espoir » ...

Le terme est utilisé par la nouvelle alliance PC - LCR et loin de moi l'idée de récupérer les bonnes idées de mes bons camarades !

 

Apparatchik (Larousse) : nm, mot russe, membre de l'appareil d'un parti, particulièrement d'un parti communiste, d'un syndicat.

Confessons le donc d'emblée, je suis un affreux apparatchik, certes socialiste franco-européen et non communiste russe.

Ce matin, un éminent journaliste politique de la presse régionale m'invitait à réfléchir à ce qualificatif qui, paraît il, me colle à la peau, un peu trop au goût de certains.

Quitte à le décevoir, je vais plutôt lancer une grande campagne de promotion des apparatchiks : vivent les partis politiques et vivement que les citoyens les investissent par centaines de milliers pour rendre la démocratie représentative plus vivante et plus à l'image de toute la société.

Cela me rappelle une réunion de l'Assemblée des départements de France (ADF) à Paris en juillet, faisant notamment état d'une enquête sur la cuvée 2004 des conseillers généraux : sur quelques 3 000 conseillers généraux en France (de mémoire), nous sommes fièrement 9 à être âgés de moins de 30 ans ... et à l'Assemblée nationale ?

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mercredi 3 août 2005

Certes, les primaires internes pour désigner le candidat socialiste un 1 er août, il y a mieux en terme de mobilisation démocratique.

Mais qui a choisi la date scandaleuse du 4 septembre pour appeler les citoyens aux urnes ? pas un socialiste, que je sache.

Et il faudrait en plus s'excuser de la présence de "seulement" une soixantaine de militants ... je rêve !

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