lundi 22 août 2005
Tour Etoile, avenue du général Leclerc
Le 18ème étage offre une vue sympathique de Nancy !
Le porte à porte permet de rencontrer toute sortes de personnes et d'aborder toutes sortes de questions, jusqu'aux plus inattendues.
Comme mon document de campagne voisinait sur le meuble d'entrée chez quelqu'un avec une fiche sur Louis-Camille Maillard, le résident de l'appartement m'a expliqué qui il était.
A mon tour de partager avec vous.
Connaissez vous ce Nancéien célèbre ?
Louis-Camille Maillard (1878 - 1936) a publié en 1912 un article sur les réaction chimiques - dites réactions de Maillard - qui se produisent quand on soumet à l'action de la chaleur un mélange de sucres et d'acides aminés. On obtient un brun caractéristique comme sur la viande rôtie ou la croûte du pain.
Ainsi, la simple cuisson de carottes (qui jettent du sucre à la cuisson) peut donner un caramel.
Ce chimiste de renom (né à Pont à Mousson et ayant fait ses études à Nancy) n'a d'ailleurs même pas sa rue à Nancy ... pour en savoir plus : lc-maillard.org
Et la réaction de Maillard appliquée à la vie politique locale, ça donne quoi ..?
Quai de la Bataille, je sonne à l'entrée d'une maison. Dans l'interphone :
"bonjour, Mathieu Klein, je suis candidat ... etc."
"entrez, je vous en prie, au fond du jardin à gauche"
Deux dames (disons 75 et 55 ans) m'attendent dans hall, la plus âgée s'approche
"alors, vous venez pour les élections ?"
"oui madame, je suis dans le quartier aujourd'hui pour rencontrer les habitants"
"je suis très contente de vous voir monsieur Hénart"
La plus jeune, parlant plus bas
"Maman, ce n'est pas monsieur Hénart"
Elle me regarde avec un petit sourire gêné, je la détends en rigolant plus franchement
"Non madame, je ne suis pas Laurent Hénart, mais il passera peut être vous voir un autre jour"
Sa fille reprend
"C'est monsieur Klein, le socialiste"
Ce dernier mot semble figer l'atmosphère quelques secondes ... mais très urbaines, mes interlocutrices se saisissent néanmoins de la carte que je leur propose.
Je sens bien que j'ai marqué des points décisifs dans cette maison ;-)
dimanche 21 août 2005
Marché de la Vieille Ville, j'échange avec une femme qui me branche sur l'Europe. Elle a voté oui (car elle est pour la paix me dit elle, moi aussi lui ai je indiqué), mais elle est contre l'élargissement, contre la Turquie, contre le dumping social et petit à petit, contre les étrangers, les chômeurs, les Rmistes, les pauvres, etc. Elle veut tout de même voter à gauche, c'est familial. Je lui explique gentiment mes désaccords. C'est pas grave me répond elle, il y d'autres candidats à gauche. Exact, lui ai je confirmé.
Je vois derrière elle une femme qui achète sa charcuterie, qui l'entend et qui semble bouillir à mesure que la litanie se déroule.
Elle finit par me dire, rouge de colère : "mais comment faites vous pour écouter paisiblement des conneries pareilles, vous vous rendez compte, de gauche elle !! bon courage en tout cas et bonne chance, j'espère que vous en entendez aussi d'autres"
Oui, quelques autres !
Place Saint Epvre très demandée ce dimanche, un véritable ballet de candidats en Vieille Ville, PS, UMP, UDF, DVG, ... chacun son coin.
En fin de journée, je recroise le candidat DVG au Parc Sainte Marie.
C'est marrant, je rencontre cet après midi (et selon le sens de la marche dans le parc) deux types de personnes bien disctinctes : celles avec qui je discute normalement et celles qui voient en moi un destructeur de l'Europe à tendances trotskystes mal dissimulées. Allez savoir pourquoi ... ;-)
Sur ce dernier point, je vais aller prendre des cours chez Lionel ...
samedi 20 août 2005
1945 : les femmes votent pour la 1ère fois lors des élections municipales en avril, en France. Le droit de vote leur était accordé un an plus tôt.
2005 : "oh moi, vous savez, la politique, je m'en occupe pas, je comprends rien. Mais je vais voter à chaque fois, comme mon mari me dit de faire".
Une femme d'une quarantaine d'année, rencontrée chez elle au 4ème étage ce samedi, à Malzéville.
Rez de chaussée, même immeuble. Une femme plus âgée ouvre, nous entamons la conversation.
Elle habite ici depuis longtemps, mais entame des travaux de rénovation pour y accueillir son ami qui s'installe avec elle. Je leur parle des venues prochaines d'Arnaud Montebourg et de Ségolène Royal à Nancy et Malzéville. Il faut dire que son ami m'avait immédiatement questionné sur mon appartenance dans le PS (je sens que la vie calme et unitaire des socialistes en ce moment vont booster ma campagne !) et que ma réponse ( = 1- je suis le candidat du PS, c'est à dire de tous les socialistes 2- au sein du PS, je suis au Nouveau Parti socialiste - NPS d' A. Montebourg, V. Peillon et B. Hamon) lui faisait assez plaisir.
Pour en revenir à mon sujet, l'effet Ségolène a été immédiat sur monsieur : "c'est quand, c'est où ???!!??". La lueur dans ses yeux n'est pas passée inaperçue à ceux de madame qui a répliqué par une taloche agrémentée d'un sonore "et tu peux oublier la Royal, pas question que tu ailles à cette réunion !!".
Pour ne pas compliquer un amour passionnel à l'aube de la mise en ménage plus formelle, ils ont été invités à venir ensemble, de telle sorte que tout cela reste essentiellement politique. Notez bien que c'est lui qui quitte Toul pour Malzéville, ce qui amènera une voix supplémentaire pour la gauche dans la 1ère circonscription, à l'avenir.
Est il utile de dire que je préfère la 2è réaction à la 1ère ?
Pourtant, la discussion avec la femme du 4ème m'a laissé songeur. Non pas que ce soit la première fois que j'entende cela. Mais elle a tenu à me dire qu'elle avait conscience de son comportement, qu'elle avait déjà pensé à s'intéresser mais que tout cela la dépassait largement. Qu'elle reprochait aux politiques de parler un langage incompréhensible, de passer leur temps à s'engueuler à la télévision : "à chaque fois que j'essaie de regarder, je zappe au bout de cinq minutes".
Elle ne m'a pas dit (comme d'autres) "allez vous faire f....., tous pourris, etc.", elle m'a juste indiqué que j'étais bien gentil mais que tout cela n'avait aucune signification pour elle.
Et pourquoi aller tout de même voter alors ? Sa réponse était limpide "je sais quand même que des gens se sont battus pour pouvoir voter, alors ça paraît normal de se déplacer".
jeudi 18 août 2005
Journée riche : un communiste à Brin, une verte à Bouxières-aux-Chênes et, tenez vous bien, un adhérent du Parti radical valoisien toujours à Brin. Qui m'a néanmoins souhaité une bonne campagne. Si avec ça ...
A Brin sur Seille, deux habitants prennent le soleil sur un banc. N'allez pas croire qu'ils sont ensemble, madame (85 ans) habite "en bas" et pour une fois selon monsieur (80 ans) qui habite "en haut", est montée le voir.
"Vous êtes de Brin ?"
"Non monsieur, j'habite à Nancy"
"Ah, vous êtes Lorrain ?"
"Oui monsieur"
"Bien, parce qu'ici, vous voyez la rivière là en bas, c'est la frontière avec les casques à pointe"
Si je place mes origines mosellanes à ce stade de la conversation, je sens que ça va mal se poursuivre. Lui, le nez dans le document de campagne, a soudain le béguin pour JK. Que je me fais un plaisir d'appeler pour converser avec lui !
J'échappe ainsi à la dénonciation publique...
On me parle beaucoup aujourd'hui d'un entrefilet du Canard Enchaîné sur l'élection du 4 septembre.
Et puisque c'est un exercice interactif, je vous livre ce courriel reçu au moment même où j'écris ces lignes, d'un citoyen du quartier de Boudonville
"Bonsoir,
Lu dans le Canard enchainé du mercredi 17 août 2005, page 2:
Dans la plus grande discrétion, une série d'élections législatives partielles est programmée pour la rentrée. Elles devraient, si tout se passe bien, permettre à sept anciens ministres de retrouver leur siège de député (suit la liste des candidats).
Une majorité d'illustres inconnus mais qui ont de bonnes chances de l'emporter.
L'élection la plus risquée -celle de Laurent Hénart en Meurthe et Moselle- aura lieu dès le 4 septembre afin que "la campagne du candidat socialiste n'ait pas le temps de prendre" explique-t-on à Matignon (...)
Voilà qui devrait vous inciter à mettre les bouchées double au cours de la quinzaine à venir...
Bon courage!"
Je vais faire de mon mieux, promis !
mercredi 17 août 2005
Eulmont sous le soleil, enfin un peu d'été dans ce mois d'août !
J'y retrouve notamment la fleuriste du marché d'Haussonville ... le monde est petit.
Je fais du porte à porte avec MC (fille d'un copain d'Eulmont) qui vient d'avoir son bac et qui entre en LEA à Nancy 2. Tout en m'indiquant les "meilleures" maisons de la commune, elle me dit être plus tentée par les anarcho-syndicalistes que par les socialistes. Soit ... Cela dit, si la CNT la voyait à cette heure ci en train de faire campagne, pas sûr qu'elle y soit la bienvenue !
Dans le haut du village, je le confesse, j'ai fait une voix pour l'UMP. Cette personne m'ouvre, elle rentre de vacances, n'a rien suivi, je lui explique le pourquoi du comment, elle me remercie bien poliment, heureuse de ne maintenant pas oublier d'aller voter pour LH dans quinze jours. Candidat ou prof d'éducation civique ?
J'avais peut être été envoûté par l'ex députée CM, croisée quelques instants plus tôt devant sa demeure. Je lui ai confirmé qu'elle était adjointe d'une bien belle commune.
Lay St Christophe, rue des Dames
"Moi vous savez, je vote plutôt Front national". C'est rare de l'entendre, c'est plus souvent suggéré ou sens-entendu.
Avec JK, nous avons longuement discuté avec elle. Mari routier aux horaires impossibles, elle faisant des ménages à des horaires tout autant impossibles, pas une pointe de racisme dans son propos mais pas d'espoir, plus de confiance. Nous avons aussi discuté du programme du FN, au delà des slogans populistes et simplistes, qui attaquera d'abord les plus pauvres, les salariés et les familles.
Un exemple ?
Pour le FN, seules les familles "traditionnelles" ont des droits. Enfants de parents divorcés, familles recomposées, familles monoparentales, voilà ce qui vous est réservé " Les dispositions civiles, fiscales et sociales correspondantes seront revues afin d’avantager les foyers légitimes et leurs enfants " (extrait du programme du FN).
Je vous raconte cette rencontre parce qu'il y avait chez cette personne l'envie d'échanger et de trouver d'autres voies pour espérer un autre avenir pour ses enfants. Elle nous a dit n'avoir jamais discuté de cela avec quelqu' élu que ce soit. Qu'elle était lucide sur la nocivité de Le Pen. Mais qu'elle ne voyait pas d'autres recours pour se faire entendre.
Ceux qui restent encore persuadés que le 21 avril 2002 n'était qu'un accident électoral du à la dispersion de la gauche ont de sombres heures devant eux ...
Le soir JK, JPB et moi rencontrons le maire et ses adjoints, comme la veille le conseil municipal de Bouxières-aux-Dames.
Je me présente car je sens que de ce côté, il est urgent que je fasse moi même le travail. Le candidat DVG est probablement passé récemment ...
Au final, deux échanges approfondis et enrichissants, sur des sujets locaux importants (voie de l'Amezule, écoles et fermetures de classes, services publics, A31 / A32, gare de Vandières et TGV Est, etc.) et des sujets nationaux (santé, emploi, solidarité nationale, fiscalité, cumul des mandats électoraux, ...).
lundi 15 août 2005
loupe
Le 15 août a sonné l'heure des panneaux électoraux.
Pour les malvoyants, myopes et étourdis, je vous le confirme ici : en bas à gauche de l'affiche de LH vous trouverez deux logos en (environ) 0,3 X 0,2 : UMP et Parti radical valoisien.
Le premier est dirigé par Nicolas Sarkozy et le second par André Rossinot. C'est donc ainsi attesté : l' ex-secrétaire d'Etat l'ex-députée sont de droite.
Pour ceux qui en doutaient ...
Comme par exemple cette Nancéienne croisée rue Courtot Cissey "j'espère bien qu'aux prochaines municipales, vous allez gagner, je veux plus de ce maire, assez vu et sa politique avec, vivement que ça change". Jusque là, tout va bien et moi avec ... elle reprend : "moi j'aimerais que ce soit LH qui gagne la mairie !". C'est à ce moment que je suis au regret d'assumer mon devoir civique et lui faire découvrir avec tristesse les appartenances politique et municipale de son héros.
Moralité : pour être mieux compris, il faut mieux ajuster la taille du logo UMP sur ses affiches.
samedi 13 août 2005
Rue de la Prévoyance, des discussions avec des habitants me font à nouveau penser à deux mondes qui cohabitent de part et d'autre de la rue. D'un côtés des maisons individuelles habitées par des familles implantées de longue date dans le quartier, de l'autre des logements sociaux (dont les nouvelles réalisations flambantes neuves de l'OPAC).
Une chose me frappe : si on reloge des habitants du Haut du Lièvre (ceux du Marronnier Rouge détruit en l'occurrence) à Haussonville, elle est où la mixité sociale exactement ?
Je devrais poser la question à M. Borloo, si prolixe sur le sujet. Lui qui vient opportunément d'accorder à Haussonville une dérogation pour entrer dans les clous des projets de rénovation urbaine. J'encourage d'ailleurs vivement le maire d' Essey-lès-Nancy à demander le même traitement pour son quartier Mouzimpré.
Ah oui c'est vrai, j'oubliais un détail, c'est une commune de gauche et comble de malchance pour elle, hors de la 1ère circonscription ...
Samedi matin aux Trois Maisons, en voilà une qui ne perd pas le nord !
Je passe saluer l'épicier et une dame d'âge tout à fait respectable repère le petit manège du candidat dans les bacs à légume : "puisque vous arpentez le quartier, vous allez bien pouvoir m'aider à rentrer chez moi avec mes courses, j'ai du mal à marcher". Soit ... elle prétend habiter à deux pas (en fait, aux portes de Maxéville ...) et puis comme me lance (sympathiquement) un passant en me voyant sortir avec ma cavalière au bras "qu'est ce qu'il faut pas faire pour gagner des voix quand même" ;-)
Cela dit, blague à part, c'est une personne âgée, malade, peu aidée à domicile et qui tient à pouvoir sortir quelques minutes chaque jour.
Elle ne se plaint pas de grand chose mais c'est évident qu'une aide supplémentaire ne nuirait pas. Je lui parle de l'APA (visiblement pas connue par elle) et lui donne quelques conseils pendant la promenade. Soudain, elle s'arrête net et lève les yeux aux ciels "mon dieu, faites qu'il gagne ces élections, je vous en prie, aidez le, entendez ma prière". Tout ceci de façon assez sonore. Un rapide coup d'oeil circulaire dans la rue : il n'y a pas de public (c'est aussi cela les campagnes électorales le 13 août).
Je l'ai ramené à bon port en lui faisant promettre de rencontrer une conseillère du Point accueil information service (PAIS) du boulevard Joffre.
Pour ce qui est des prières, je ne connais pas la religion des poulains, alors ...
A propos de l'APA, je viens d'avoir les derniers chiffres concernant la parité du financement entre l'Etat et le conseil général. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l'APA : allocation personnalisée d'autonomie, instaurée par le gouvernement Jospin en 2002 pour améliorer l'aide aux personnes âgées (à domicile ou en maisons de retraite) et la rendre accessible de la même façon à tous sur le territoire national. Au départ, la clé de financement est de 50 % pour l'Etat et 50 % pour les départements. L'arrivée de la droite au pouvoir provoque rapidement une chute de la part Etat, estimée dans le prévisionnel 2005 à 35 % pour 65 % au conseil général. FIn juillet la réalité est de 24 % Etat et 76 % conseil général.
Et après cela, on continuera à dire que le désengagement de l'Etat de la solidarité nationale est un procès d'intention politicien des collectivités de gauche ?
vendredi 12 août 2005
Les journées paradoxales
Faire campagne à la Chiennerie (pour répondre à une question qui m'a été posée plusieurs fois, ce nom vient du fait que quartier s'est construit sur les terrains des anciens chenils de Stanislas), c'est aussi améliorer ses connaissances botaniques, les immeubles s'appelant les coquelicots, les tulipes, les jonquilles, les roses, les myosotis, les lilas, le muguet, les pivoines, etc. (c'est pourquoi on l'appelait aussi la Cité des Fleurs).
Cela ne suffit néanmoins pas à rendre bucolique le contrat nouvelle embauche (CNE) pour les habitants du quartier... Je ne reviens pas sur le désarroi actuel des salariés, on m'a fait remarquer que je dis beaucoup que la gauche devrait se bouger sur cette question, alors qu'actuellement c'est la droite qui gouverne ...
Et de quelle manière ! alors que ceux qui travaillent réclament à juste titre une plus grande considération salariale et une plus grande sécurité (au sens global du terme : sociale, économique, et physique), l'UMP offre royalement deux années de confort aux chefs d'entreprises et deux années d'insécurité aux salariés qui pourront se voir licencier à moindre frais et moindre contrainte. Le député PS Alain Vidalies parle à propos du CNE de "730 CDD de 1 jour" : la droite n'en finira jamais de ressasser les mêmes idées inefficaces sur l'emploi. Toujours la même rengaine sur le coût du travail et les avantages sociaux des salariés qui seraient des freins à l'embauche.
Voir à ce sujet les positions de la CFDT http://www.cfdt.fr/actualite/presse/comm/comm524.htm et de la CGT http://www.cgt.fr/internet/html/rubrique/?id_parent=2805&aff_docref=1&aff_ensavoirplus=1
Rue de la Tuilerie, j'entre avec MJ chez une femme, qui se trouve être l'épouse d'un cardiologue nancéien, d'origine chilienne, ancien médecin de ... Salvador Allende. Ils ont fui le Chili peu après le coup d'état de Pinochet (un autre 11 septembre en 1973). Cela fait partie de ces moments inattendus et émouvants que peuvent créer une campagne électorale.
Je profite de l'occasion faire un peu de pub pour la sortie mardi (hasard !) en dvd du film de Patricio Guzman "Salvador Allende", un beau portrait idéaliste d'un de seuls véritables "héros" du socialisme du 20ème siècle.
Changement d'univers, je suis invité à un apéro en soirée dans dans une charmante petite commune du Grand Couronné. Là, la discussion tourne autour d'une récente loi sur la sécurité des piscines privées ... tout le charme d'un territoire électoral aussi divers.
Le lendemain, boulevard d'Haussonville. DO en a visiblement assez de frapper aux portes, elle décide d'ouvrir directement. Mais c'était fermé à clé, ouf ...
jeudi 11 août 2005
En quittant un immeuble HLM, un vieux monsieur que je venais de rencontrer chez lui est sorti sur son balcon en levant le poing et m'a envoyé un tonitruant "vive le socialisme, bonne chance !". Peut-être mon humeur de la journée a-t-elle du coup été impactée positivement et m'a fait perdre en lucidité ... mais il m'a semblé retrouver dans le quartier de Bonsecours un peu de cette ambiance des cantonales : "on espère que vous allez gagner", "il faut que la gauche revienne", "c'est bien de renouveler la vie politique", etc.
Cela dit, restons lucide, ça ne ressemble en rien à un acte d'amour aveugle...
Je veux tout de même souligner que j'y ai entendu les mêmes témoignages et arguments qu'au Haut du Lièvre sur le pouvoir d'achat, le coût de la vie, les salaires. Et le même rejet de ceux qui vivent des allocations de solidarité. Il faut vraiment qu'on ait des réponses politiques et concrètes pour tous ces salariés en difficultés, sinon je sens qu'un jour ça fera vraiment mal.
Pour en revenir à la lucidité et pour me rappeler que ce quartier est aussi divers politiquement que les autres, j'ai rencontré, dans un résidence du même quartier, une dame charmante qui m'a néanmoins arrêté tout net dans mon élan de présentation par un "moi monsieur, je suis démocrate, je ne suis pas socialiste". Diantre, voilà longtemps que je n'avais pas entendu pareil argument. L'accent sud-américain que j'ai cru déceler me fit penser que peut être elle était une dissidente cubaine exilée (cf. un des jours précédents ;-)) pour qui socialisme = dictature. Je n'ai pas eu le loisir de répondre puisqu'elle m'a achevé d'un argument imparable (après le couplet plus classique sur les socialo-communistes) : "et puis de toute façon je n'aime que les gens beaux, comme Chirac et Sarkozy. Les socialistes sont tous moches, surtout Jospin".
Pauvre Lionel, si seulement on l'avait prévenu que tout cela n'était qu'un problème de look ... finalement, les séismes politiques ça tient à peu de choses.
mercredi 10 août 2005
Mise en ligne du site et des carnets : jusque là tout va bien. Comme l’a gentiment écrit mon ami Thibaut Villemin, vice président à la culture du conseil régional, ce matin « 3 semaines de campagne, vacances, gauche divisée, rien ne va, mais tu vas gagner ! »
