mercredi 5 octobre 2005
comptes doubles
A Nancy : 4 000 selon la police, 10 000 selon les manifestants ...
Les yeux de la police sont ils mi-clos ?
Il faut saluer cette journée d'action unitaire, c'est assez rare pour être souligné : l'ensemble des syndicats sur le même appel, soutenus par l'ensemble des partis de la gauche.
Quoi qu'il en soit, une des principales questions posée par la rue est celle des salaires.
Et contrairement à la caricature qu'en font la droite et le MEDEF, une grande majorité de syndicalistes souhaite l'ouverture de négociations salariales et non la seule intervention gouvernementale pour décréter des augmentations.
Derrière la question sociale, on trouve bien la question démocratique. Les institutions n'offrent pas aujourd'hui d'organisation de la démocratie sociale qui permette le dialogue permanent et des négociations régulières entre les partenaires sociaux.
Changer la politique c'est aussi cela : respecter les salariés et leurs représentants, aider le syndicalisme à progresser pour une démocratie plus vivante et plus participative.
dimanche 2 octobre 2005
bonne question
A chaque jour sa fonction. Aujourd'hui c'était interprète pour les élus municipaux de la commune allemande de Waldstetten, venus célébrer le 40ème anniversaire de leur jumelage avec Malzéville.
Au détour des stands de la Fête des Pains qui accueillait l'événement ce dimanche, un citoyen me fait part d'une réflexion que je trouve fort intéressante :
Puisque le raisonnement de certains élus de droite et de gauche, partisans du projet de traité constitutionnel le 29 mai dernier, les conduit à réclamer des candidats du oui pour les élections sur les secteurs ayant voté oui
(ndlr : voir à Nancy 1 récemment ou encore à Metz http://reporter_du_coind_ru.blog.lemonde.fr/reporter_du_coind_ru/2005/09/il_va_y_retourn.html)
quel(le) candidat(e) du non vont ils logiquement soutenir pour la prochaine présidentielle ?
J'attends avec impatience la réponse ;-)
jeudi 29 septembre 2005
vous nous prenez pour qui ?
Vous avez peut-être entendu parler de Rachel, 15 ans et Jonathan, 14 ans qui se cachent actuellement en France pour échapper à l'expulsion vers la République démocratique du Congo. Leur mère, assignée à résidence en attendant qu'ils soient retrouvés, n'a pas obtenu l'asile en France, faute de "preuves" suffisantes des horreurs vécues au Congo par sa famille.
Pour plus d'infos et signer la pétition de soutien et d'engagement lancée par le Réseau éducation sans frontières http://www.ras.eu.org/resf/
mardi 27 septembre 2005
parité socialiste variable ?
A entendre mes petits camarades socialistes disserter sur la peut-être-nouvelle-candidature-présidentielle de Ségolène Royal, je me dis qu'il est grand temps que nous passions à la phase "contenu et idées" du congrès du Mans.
Je vous invite à une attention particulière sur la motion 5, celle du Nouveau Parti socialiste (NPS). Elle est lisible et téléchargeable sur http://nouveau-ps.net (version intégrale et résumé, au choix). J'y reviendrai un de ces jours.
Pour finir sur le machisme en politique et même si je ne partage pas toujours ses choix, j'ai honte d'entendre certains commentaires sur Ségolène Royal. Que ceux qui souhaitent critiquer le premier secrétaire du PS ne le fassent pas par compagne interposée et s'en tiennent aux questions politiques (et il n'en manque pas !).
Le pire est signé du sénateur PS du Puy-de-Dôme Michel Charasse : «Voyez la mère Merkel, poum dans le popotin !». Vivement la 6ème République, pour pouvoir faire poum dans le Sénat !
lundi 26 septembre 2005
parole d'Etat variable ...
Ouverture aujourd'hui de la session du conseil général, consacrée plus particulièrement à la situation économique et sociale de la Meurthe-et-Moselle.
A l'occasion de la séance des questions d'actualité, j'ai interrogé le préfet sur les suites de la fermeture du Point d'accueil d'urgence de l'ARS, 15 rue Gilbert à Nancy et de celle de l'hôtel insalubre "L'Aquarium". Le texte complet de la question (je poste la réponse du préfet et les commentaires prochainement) :
A propos des questions d'actualité, j'en avais posé une au préfet lors de la session du 27 juin, concernant la suppression du poste de psychologue scolaire des 11 écoles du secteur Nancy - St Georges (Vieille Ville, Trois Maisons, Boudonville, Oberlin, Stanislas-Meurthe).
Après m'avoir répondu par la négative pour cette année (comme déjà l'inspecteur d'académie le 19 mai par courrier), il concluait ainsi "Par ailleurs, il faut prendre garde de ne pas exagérer la tendance actuelle à faire traiter par des spécialistes toutes les difficultés rencontrées par les élèves. Le maître de la classe, comme on le sait tous (...) est le premier recours, le premier proche, le plus écouté, quand il sait susciter l'estime et l'affection de ses élèves".
Que s'est il donc passé pendant l'été pour que le poste soit rouvert à la rentrée 2005 ? Quatre options :
A- tous les enseignants du secteur sont soudainement dépourvus de l'estime et l'affection de leurs élèves
B- le secteur scolaire concerné a été classé en ZEP
C- il y a eu une élection législative partielle et tous ces quartiers sont sur la 1ère circonscription
D- les parents se sont battus et ont obtenu près de 600 signatures sur leur pétition
Je vous laisse deviner la réalité et les différentes façons de la raconter.
Manque de bol pour le député, il n'a pas pu se rendre directement dans les classes pour leur annoncer la bonne nouvelle (c'est ça aussi une campagne électorale estivale, pas d'école !), comme en son temps au collège Jean Lamour.
Bravo à tous les parents d'élèves pour leur mobilisation et comme ils le soulignent eux-mêmes "Nous sommes donc satisfaits et espérons toutefois que la réouverture du poste est assortie des crédits correspondants et que d’autres enfants du département ne seront pas privés d’un psychologue dont ils ont aussi légitimement besoin que les nôtres."
Cela pourra être l'occasion d'une prochaine question au préfet ...
vendredi 23 septembre 2005
au rayon anecdotes
Récemment, La patronne d’un petit (et très bon) traiteur de la rue Saint-Georges (voisin de la permanence du député) m'a dit " pas besoin de couverts pour vous je crois, vous en avez à côté ".
A mon air interrogatif, elle a répondu " vous n’avez plus de couverts à la permanence parlementaire ? "
" Je ne sais pas, je n'ai pas prévu de l'ouvrir avant mi-2007, alors si vous pouviez continuer à me fournir en couverts d'ici là !"
" Ah bon, vous ne travaillez pas là bas … c’est étrange, pourquoi je vous associe à Laurent Hénart alors ? "
La question reste entière chère madame… Au final, j'ai eu droit à deux cuillères pour ma salade de fruits ce jour là.
mercredi 21 septembre 2005
Pour ceux qui cherchent un petit coup de fouet le matin, histoire d'accélérer le réveil des neurones, je conseille vivement Jean-Marc Sylvestre sur Inter, à 7h22.
Ce matin par exemple, un modèle du genre. Extraits (pour la version intégrale et sonore, rubrique chroniques à l'adresse http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/information/7_9/) :
"Il n'y a qu'en France qu'on peut transformer un licenciement en affaire d'état, voir le maire d'une grande ville (Grenoble) partir en Californie pour demander à la direction générale de Hewlett Packard de revenir sur ses décisions.
Toutes ces démarches sont touchantes, il ne faut pas négliger l'émotion de la suppression d'emplois dans une région, le drame social que provoque la mise au chômage de centaines de salariés qui auront sans doute beaucoup de mal à trouver un job équivalent. Malheureusement il est à craindre, en France ou en Europe, que les hommes politiques qui interviennent comme ils le font depuis quelques jours, y compris le chef de l'Etat, soient complètement à côté de la plaque"
Hormis le fait que l'espace d'un court instant, on en deviendrait presque chiraquien, tout est dit lorsqu'il emploie l'adjectif "touchant" : le mépris faussement compatissant pour la moindre contestation de la logique du profit financier au détriment des salariés.
Vivement demain matin ...
mardi 20 septembre 2005
Il y a quelques années, la "lepénisation" des esprits pouvait jeter des dizaines de milliers de personnes dans les rues, provoquait des réactions politiques et de la société civile. Aujourd'hui on s'offusque ... presque pour la forme, si j'ose dire (exception faite des nombreuses réactions suite à la sortie de Baroin sur le droit du sol en outre-mer).
Il semble loin le temps de cette belle manif à Strasbourg contre le congrès du FN avec ses dizaines de bus nancéiens !
C'est plus près mais ça semble aussi loin ces 30 000 personnes à Nancy le 1er mai 2002.
Entre de Villiers qui en appelle à "stopper l'islamisation progressive de la société française" (il dirige bien une majorité avec l'UMP au conseil général de Vendée si je ne m'abuse, non ?) et Sarkozy qui prétend lutter contre l'extrême-droite en pourfandant les "droits-de-l'hommistes" et en karchérisant les cités françaises ...
Je pourrais comprendre des réactions mesurées, si cela visait à ne pas ébruiter des commentaires marginaux ou sans effets.
Pourtant, le lien entre le rejet de l'autre (l'Arabe d'hier est remplacé ou complété par le Rmiste d'aujourd'hui ...) et la disponibilité électorale pour le FN est parfaitement d'actualité. La campagne d'été en a été pour moi une illustration forte.
Sinon d'ailleurs, pourquoi tant de compétition (dans l'extrême-droite, entre la droite et l'extrême-droite) pour capter l'héritage Le Pen ?
Or pour y répondre, si la désapprobation politique ne suffit plus, il serait dramatique pour la gauche de tomber dans le piège de la droite libérale et sécuritaire. Sarokozy nous fait simple :
- vous la gauche avec vos bons sentiments, vous n'avez pas vu que la sécurité était la préoccupation n°1,
- vos préoccupations sont au diapason de celles de vos nouveaux électeurs bobos-écolos (35h, pacs, parité, ...),
- vous avez jeté les ouvriers dans les bras de Le Pen,
- je vais les en arracher et définitivement ancrer à droite les classes populaires.
Pour ce faire, je recycle les sujets et j'adapte la vieille loghorrée à la partition républicaine, plus un petit dérapage contrôlé de temps à autre pour marquer le tempo.
La tétanie (ou la fébrilité, selon le cas) qui s'empare de bon nombre d'édiles socialistes quand vous évoquez ainsi Sarkozy 2007 est assez significative du malaise à gauche vis à vis de ce raisonnement. Au fond, aurait il un peu moins que complètement tort ?
Mon sentiment est qu'il a moins que rien du tout raison.
L'amélioration du pouvoir d'achat, la lutte contre la précarisation des salariés et la baisse du chômage sont bien évidemment les premières réponses à la crise sociale, qui pourraient redonner confiance dans l'action politique à ceux qui n'y croient plus du tout.
Mais le terrain des valeurs, ce que certains socialistes de mes amis appellent la bataille culturelle doit être réinvesti d'urgence : "la gauche a la responsabilité d’engager une bataille culturelle et politique sans concessions pour imposer sa propre échelle de valeurs. Pourquoi une bataille culturelle ? Parce que les défaites politiques de la gauche sont d’abord dues à sa perte d’influence culturelle et sociale, avant d’être dues à son impuissance partielle à résoudre les inégalités. Le projet de la gauche, c’est donc avant tout de réaffirmer ses valeurs, et de les illustrer par des propositions concrètes. Le sens de sa bataille politique, ce sera de transformer des impatiences en actes, des espérances en réformes. C’est à ces passionnantes batailles que nous voulons contribuer, en plus de celle que nous devons poursuivre pour changer l’Europe"
L'égalité ne doit pas être qu'un prêche pour dissimuler la vacuité de tout le reste du discours politique : elle doit être effective politiquement (par exemple avec droit de vote des étrangers) et socialement (par exemple en en finissant avec les écoles publiques ghettos, de riches ou de pauvres).
Le pire serait, côté bilan, de mal assumer la RTT, le pacs ou la parité tout en déversant, côté projet, des hectolitres de lieux communs pour l'avenir.
Mais le pire n'est jamais sûr ...
jeudi 15 septembre 2005
le blog prend quelques jours de vacances ... à bientôt
lundi 12 septembre 2005
enfin une explication concrète et plausible, reçue ce matin par courriel
"Mathieu,
Je pense que ce qui a fait la toute petite différence c'est ta réflexion à haute voix au foot :" pourquoi ils bougent tous devant le but alors qu'il n'y a pas de ballon ".
Désormais , tu sais qu'il s'agit d'un corner et que de notre place nous ne voyons pas le tireur...
Un grand bravo et pas de souci pour le prochain coup !
Amitiés
Ph C"
