mardi 18 octobre 2005
mécano
Ce que je retiens des primaires dans la gauche italienne, c'est d'abord
que lorsqu'on confie une véritable responsabilité aux citoyens, ils la
saisissent. On pourra toujours discuter les résultats d'une élection,
ce qui compte ici c'est la méthode employée, et elle semble séduisante.
1 million d'électeurs attendus pour choisir le candidat de la coalition de gauche face à Berlusconi, et 4 millions à l'arrivée.
C'est de ce type de démonstration que la démocratie participative peut
prendre du sens.
De quoi souffre notamment la vie politique ? Souvent,
nous sommes accusés de dire tous la même chose, de reprendre les mêmes
options moyennant un léger lifting. De favoriser des clivages
artificiels qui ne répondent qu'à des luttes de pouvoir.
Et ce qui est vrai sur la totalité de l'arc démocratique l'est d'autant
plus dans la gauche et au sein du PS.
C'est d'ailleurs pour cette raison que les outils qui font aujourd'hui débat entre les
socialistes, au sens des moyens que se donneront le prochain
gouvernement et la prochaine majorité parlementaire de gauche pour
arriver à leurs objectifs. Ne me dis pas seulement ce que tu vas faire, dis moi comment tu vas le faire ... Voir la
motion 5 - http://nouveau-ps.net
Car plus de démocratie et plus de participation, tout le monde
souscrit. Les socialistes ne sont pas les moins biens placés pour en
parler, puisque les militants désignent leurs candidats dans des
primaires internes, pour toutes les élections. C'est comme cela qu'en
1995 un certain Lionel Jospin devenait candidat à la présidentielle
(battant le 1er secrétaire d'alors, un certain Henri Emmanuelli).
Pourquoi ne pas imaginer ouvrir ce processus à tous les citoyens qui le
souhaitent ? Les nombreux prétendants socialistes devraient alors se
faire un peu violence pour démontrer en quoi leurs projets et
stratégies sont les bons et non se contenter d'attendre l'implosion
de la motion 1 (F Hollande) pour ramasser les miettes (ou les faire
ramasser par les cadres locaux des fédérations et sections de son
courant, selon l'idée du 1er secrétaire d'écrémer ainsi la liste des
prétendants)... et le PS (comme les autres partis de la gauche
d'ailleurs) trouverait là une occasion de s'ouvrir vraiment sur la
société en démontrant concrètement l'utilité et la responsabilité d'un
engagement politique.
Cela ne pourra pas être pire que ces fameux adhérents du projet
(quelqu'un s'en souvient ?), invités à réfléchir "sans le formalisme
d'une carte d'adhésion" mais à rentrer chez eux au moment du vote ...
En plus, ce qui vaudrait pour désigner un candidat à la présidentielle
version Vème République pourrait valoir pour un premier ministre/chef
de majorité dans la VIème !
