Blog - conseiller général 54

Mathieu Klein, conseiller général socialiste de Nancy-Nord, vice-président du conseil général de Meurthe-et-Moselle

vendredi 14 octobre 2005

la pragmatisme n'est pas toujours où l'on croit

Peut-être avez vous entendu parler ces dernières semaines du décret du 26 août, sur le remplacement des absences de courte durée dans les établissements scolaires.

C'est au menu du conseil d'administration de tous les collèges depuis la rentrée et cela provoque souvent la contestation des enseignants, mais aussi des parents d'élèves. En résumé, le chef d'établissement pourra désigner (à partir du 1er janvier 2006) un prof pour en remplacer un autre, jusqu'à 24h à l'avance et ce pour 60h sup. par an et jusqu'à 5h par semaine.

Pas de quoi fouetter un chat ? Pas si sûr.

J'ai entendu des arguments assez logiques : dans les établissements de petite taille, ce sera difficilement applicable (et à Nancy par exemple, on trouve essentiellement des petits collèges), quelle continuité de l'enseignement si c'est un prof d'une autre matière qui remplace, il est déjà difficle de faire face correctement aux remplacements de longue durée, etc.

Ce que je trouve frappant, c'est la confrontation entre l'idéologie du gouvernement et la réalité. D'un côté, le ministère chante le refrain "vos enfants n'auront plus d'heures de cours perdues pour absence des profs", "la continuité des enseignements est ainsi assurée", etc.

D'un autre côté, l'observation concrète et pragmatique d'un collège nancéien, selon les chiffres délivrés lors d'un récent conseil d'administration par la principale adjointe pour l'année scolaire 2004/2005 :

- sur 11 900h de cours annuelles, 614 non effectuées par l'enseignant en titre à l'heure prévue

- sur ces 614h, 168 remplacées par un TZR (titulaire en zone de remplacement = prof mobile sur un secteur), un collègue (qui n'a pas attendu le décret De Robien) ou l'enseignant en titre qui récupère à un autre moment

- restent donc 446h non effectuées = 3,7 %

- sur ces 446h, 144 ne le sont pas pour des raisons techniques (enseignants convoqués pour des corrections d'examens, des réunions professionnelles, ...)

- 302h au total sont donc perdues pour des raisons d'absence effective de l'enseignant, essentiellement liée à des arrêts maladie = 2,5 % des heures de cours prévues.

Instructif, non ?

Cela ne signifie pas qu'il faille ignorer cette question ou des problèmes d'organisation de l'Education nationale. Mais l'idéologie qui stigmatise les enseignants pour donner l'illusion aux Français qu'on s'occupe de leurs enfants est tout sauf une bonne réponse.

Posté par Mathieu Klein à 11:31 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1