Blog - conseiller général 54

Mathieu Klein, conseiller général socialiste de Nancy-Nord, vice-président du conseil général de Meurthe-et-Moselle

samedi 13 août 2005

Rue de la Prévoyance, des discussions avec des habitants me font à nouveau penser à deux mondes qui cohabitent de part et d'autre de la rue. D'un côtés des maisons individuelles habitées par des familles implantées de longue date dans le quartier, de l'autre des logements sociaux (dont les nouvelles réalisations flambantes neuves de l'OPAC).
Une chose me frappe : si on reloge des habitants du Haut du Lièvre (ceux du Marronnier Rouge détruit en l'occurrence) à Haussonville, elle est où la mixité sociale exactement ?
Je devrais poser la question à M. Borloo, si prolixe sur le sujet. Lui qui vient opportunément d'accorder à Haussonville une dérogation pour entrer dans les clous des projets de rénovation urbaine. J'encourage d'ailleurs vivement le maire d' Essey-lès-Nancy à demander le même traitement pour son quartier Mouzimpré.
Ah oui c'est vrai, j'oubliais un détail, c'est une commune de gauche et comble de malchance pour elle, hors de la 1ère circonscription ...

Samedi matin aux Trois Maisons, en voilà une qui ne perd pas le nord !
Je passe saluer l'épicier et une dame d'âge tout à fait respectable repère le petit manège du candidat dans les bacs à légume : "puisque vous arpentez le quartier, vous allez bien pouvoir m'aider à rentrer chez moi avec mes courses, j'ai du mal à marcher". Soit ... elle prétend habiter à deux pas (en fait, aux portes de Maxéville ...) et puis comme me lance (sympathiquement) un passant en me voyant sortir avec ma cavalière au bras "qu'est ce qu'il faut pas faire pour gagner des voix quand même" ;-)
Cela dit, blague à part, c'est une personne âgée, malade, peu aidée à domicile et qui tient à pouvoir sortir quelques minutes chaque jour.
Elle ne se plaint pas de grand chose mais c'est évident qu'une aide supplémentaire ne nuirait pas. Je lui parle de l'APA (visiblement pas connue par elle) et lui donne quelques conseils pendant la promenade. Soudain, elle s'arrête net et lève les yeux aux ciels "mon dieu, faites qu'il gagne ces élections, je vous en prie, aidez le, entendez ma prière". Tout ceci de façon assez sonore. Un rapide coup d'oeil circulaire dans la rue : il n'y a pas de public (c'est aussi cela les campagnes électorales le 13 août).
Je l'ai ramené à bon port en lui faisant promettre de rencontrer une conseillère du Point accueil information service (PAIS) du boulevard Joffre.

Pour ce qui est des prières, je ne connais pas la religion des poulains, alors ...

A propos de l'APA, je viens d'avoir les derniers chiffres concernant la parité du financement entre l'Etat et le conseil général. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l'APA : allocation personnalisée d'autonomie, instaurée par le gouvernement Jospin en 2002 pour améliorer l'aide aux personnes âgées (à domicile ou en maisons de retraite) et la rendre accessible de la même façon à tous sur le territoire national. Au départ, la clé de financement est de 50 % pour l'Etat et 50 % pour les départements. L'arrivée de la droite au pouvoir provoque rapidement une chute de la part Etat, estimée dans le prévisionnel 2005 à 35 % pour 65 % au conseil général. FIn juillet la réalité est de 24 % Etat et 76 % conseil général.
Et après cela, on continuera à dire que le désengagement de l'Etat de la solidarité nationale est un procès d'intention politicien des collectivités de gauche ?

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vendredi 12 août 2005

Les journées paradoxales

Faire campagne à la Chiennerie (pour répondre à une question qui m'a été posée plusieurs fois, ce nom vient du fait que quartier s'est construit sur les terrains des anciens chenils de Stanislas), c'est aussi améliorer ses connaissances botaniques, les immeubles s'appelant les coquelicots, les tulipes, les jonquilles, les roses, les myosotis, les lilas, le muguet, les pivoines, etc. (c'est pourquoi on l'appelait aussi la Cité des Fleurs).
Cela ne suffit néanmoins pas à rendre bucolique le contrat nouvelle embauche (CNE) pour les habitants du quartier... Je ne reviens pas sur le désarroi actuel des salariés, on m'a fait remarquer que je dis beaucoup que la gauche devrait se bouger sur cette question, alors qu'actuellement c'est la droite qui gouverne ...
Et de quelle manière ! alors que ceux qui travaillent réclament à juste titre une plus grande considération salariale et une plus grande sécurité (au sens global du terme : sociale, économique, et physique), l'UMP offre royalement deux années de confort aux chefs d'entreprises et deux années d'insécurité aux salariés qui pourront se voir licencier à moindre frais et moindre contrainte. Le député PS Alain Vidalies parle à propos du CNE de "730 CDD de 1 jour" : la droite n'en finira jamais de ressasser les mêmes idées inefficaces sur l'emploi. Toujours la même rengaine sur le coût du travail et les avantages sociaux des salariés qui seraient des freins à l'embauche.
Voir à ce sujet les positions de la CFDT http://www.cfdt.fr/actualite/presse/comm/comm524.htm et de la CGT http://www.cgt.fr/internet/html/rubrique/?id_parent=2805&aff_docref=1&aff_ensavoirplus=1

Rue de la Tuilerie, j'entre avec MJ chez une femme, qui se trouve être l'épouse d'un cardiologue nancéien, d'origine chilienne, ancien médecin de ... Salvador Allende. Ils ont fui le Chili peu après le coup d'état de Pinochet (un autre 11 septembre en 1973). Cela fait partie de ces moments inattendus et émouvants que peuvent créer une campagne électorale.
Je profite de l'occasion faire un peu de pub pour la sortie mardi (hasard !) en dvd du film de Patricio Guzman "Salvador Allende", un beau portrait idéaliste d'un de seuls véritables "héros" du socialisme du 20ème siècle.

Changement d'univers, je suis invité à un apéro en soirée dans dans une charmante petite commune du Grand Couronné. Là, la discussion tourne autour d'une récente loi sur la sécurité des piscines privées ... tout le charme d'un territoire électoral aussi divers.

Le lendemain, boulevard d'Haussonville. DO en a visiblement assez de frapper aux portes, elle décide d'ouvrir directement. Mais c'était fermé à clé, ouf ...

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jeudi 11 août 2005

En quittant un immeuble HLM, un vieux monsieur que je venais de rencontrer chez lui est sorti sur son balcon en levant le poing et m'a envoyé un tonitruant "vive le socialisme, bonne chance !". Peut-être mon humeur de la journée a-t-elle du coup été impactée positivement et m'a fait perdre en lucidité ... mais il m'a semblé retrouver dans le quartier de Bonsecours un peu de cette ambiance des cantonales : "on espère que vous allez gagner", "il faut que la gauche revienne", "c'est bien de renouveler la vie politique", etc.
Cela dit, restons lucide, ça ne ressemble en rien à un acte d'amour aveugle...
Je veux tout de même souligner que j'y ai entendu les mêmes témoignages et arguments qu'au Haut du Lièvre sur le pouvoir d'achat, le coût de la vie, les salaires. Et le même rejet de ceux qui vivent des allocations de solidarité. Il faut vraiment qu'on ait des réponses politiques et concrètes pour tous ces salariés en difficultés, sinon je sens qu'un jour ça fera vraiment mal.

Pour en revenir à la lucidité et pour me rappeler que ce quartier est aussi divers politiquement que les autres, j'ai rencontré, dans un résidence du même quartier, une dame charmante qui m'a néanmoins arrêté tout net dans mon élan de présentation par un "moi monsieur, je suis démocrate, je ne suis pas socialiste". Diantre, voilà longtemps que je n'avais pas entendu pareil argument. L'accent sud-américain que j'ai cru déceler me fit penser que peut être elle était une dissidente cubaine exilée (cf. un des jours précédents ;-)) pour qui socialisme = dictature. Je n'ai pas eu le loisir de répondre puisqu'elle m'a achevé d'un argument imparable (après le couplet plus classique sur les socialo-communistes) : "et puis de toute façon je n'aime que les gens beaux, comme Chirac et Sarkozy. Les socialistes sont tous moches, surtout Jospin".
Pauvre Lionel, si seulement on l'avait prévenu que tout cela n'était qu'un problème de look ... finalement, les séismes politiques ça tient à peu de choses.

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mercredi 10 août 2005

Mise en ligne du site et des carnets : jusque là tout va bien. Comme l’a gentiment écrit mon ami Thibaut Villemin, vice président à la culture du conseil régional, ce matin « 3 semaines de campagne, vacances, gauche divisée, rien ne va, mais tu vas gagner ! »

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lundi 8 août 2005

Le Haut du Lièvre est connu pour ses barres, peut être un peu moins pour ses deux lotissements (Parc Sainte- Catherine et Parc Gentilly). De part et d'autre de l'avenue Pinchard, deux mondes se regardent. Les maisons du Parc Sainte- Catherine sont habitées par des personnes qui ont souvent vu le quartier se construire, qui se sont endettées pour devenir propriétaires, à une époque où s'y installer était parfois un rêve, celui de participer à la création d’une nouvelle ville.

Cette avenue Pinchard est aussi celle qui inquiète beaucoup d’habitants du quartier : sera-t-elle demain la ligne de démarcation entre le nouveau quartier « du Plateau » dans le cadre de la rénovation à venir et le vieux Haut du’L qui restera abandonné avec ses barres ?

C’est en tout cas frappant de passer de l’un à l’autre. Je perçois (bien plus que l’année dernière lors de la campagne des cantonales) la fracture entre la mythique et fantasmatique « classe moyenne » paupérisée et précarisée, mais « juste au dessus du plafond de ressources d’à peu près toutes les aides » selon une formule entendue et ceux qui subsistent avec les revenus de la solidarité nationale, essentiellement le RMI.

D’un côté ceux qui vivent mal de leur travail, qui subissent des horaires flexibles, qui n’ont pas les revenus suffisants pour offrir ce qu’ils souhaiteraient à leurs enfants ou profiter de leur retraite et de l’autre ceux qui voudraient travailler mais sont ou trop vieux, ou trop Maghrébins ou trop Noirs ou chômeurs de trop longue durée, ou trop qualifiés pour le poste, ou tout simplement avec le mauvais code postal sur leur CV (le fameux 54100 du Haut du Lièvre).

Les premiers le disent et ne croient plus à la politique. Ils parlent peu ouvertement du FN, mais en veulent de plus ou plus ouvertement à « ces fainéants de l’autre côté de l’avenue ». Dialoguer est difficile, mais pas impossible. Ce n’est pas le temps imparti par une campagne électorale expresse qui est suffisant. Les seconds ont au moins cela en commun avec les premiers : la politique c’est au pire plus rien et au mieux un donnant – donnant dans l’air du temps individualiste et libéral : tu m’aides pour tel projet et je t’aide pour telle élection.

La gauche a vis-à-vis de toutes ces personnes une grande responsabilité : morale, économique et sociale. Il faudra autre chose que des mots pour retrouver la confiance durablement : le droit de vote des étranger, plutôt que d’en parler, faisons le immédiatement quand nous reviendrons au pouvoir. La lutte contre la précarité et la flexibilité contrainte, il faut que nous soyons en première ligne sur ces sujets.

La dignité humaine, le respect de chaque personne, de chaque quartier, l’égalité réelle : ne laissons pas Sarkozy dévoyer nos valeurs, réduire les gens à leur communauté et leurs différences.

Un seul me parle sans m’en parler du FN « Ah, monsieur Klein, pfff …. Moi je ne vote ni à droite ni à gauche si vous voyez ce que je veux dire, inutile de perdre votre temps dans cette maison ! ». Je crois comprendre et m’en vais mais il se ravise (à 50 mètres) et me lance dans la rue « et puis vous avec vos 35h et vos homosexuels, c’est une hooooonteeee !!!!). Quelque chose me dit que la RTT il va s’en remettre, mais pour ce qui est du Pacs, je suis moins sûr…

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dimanche 7 août 2005

Week-end 6 et 7 août

Première sortie avec JK aux marchés d'Haussonville et central, et première interpellation à propos de mon choix sur la constitution européenne. Ce monsieur, nouvel électeur de l'UDF, m'explique son point de vue et ne comprend pas le mien. Je l'écoute, j'assume mes choix, celui d'avoir voté non et celui d'avoir respecté la démocratie interne du Parti socialiste en ne faisant pas campagne publiquement. Je ne crois pas à une nouvelle ligne de fracture durable dans la gauche entre oui et non.

Pour beaucoup de socialistes et de Français en général, le débat était entre ceux qui estimaient devoir ratifier d'abord et renégocier ensuite un traité social et ceux, dont je suis, qui pensaient que la ratification du projet de constitution rendrait très difficile toute renégociation. Et après le 29 mai, comment ne pas voir que les symptômes de la crise démocratique et sociale déjà révélés le 21 avril 2002 sont toujours présents ?

Les électeurs ont tranché, il faut maintenant aller de l'avant en Europe, répondre peut être d'abord aux questions laissées en suspend depuis la chute du Mur de Berlin : l'approfondissement et la démocratisation de l'Union Européenne, les ressources à lui procurer pour pouvoir correctement accueillir les nouveaux pays membres.

 

Fête du Parc du Joli Coeur aux III Maisons, trois candidats, quelques adjoints au maire et des dames impatientes de danser, se désolant une nouvelle fois de l'absence de cavaliers masculins. Un élu de la majorité municipale : "on voit qu'il y a des élections bientôt, le mousseux est de bien meilleure qualité que d'habitude !". Si c'est lui qui le dit ....

 

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vendredi 5 août 2005

En déjeunant avec le directeur d'un festival culturel nancéien d'automne, je m'aperçois combien l'exercice de la dissidence est complexe. L'effet produit est multiple, mélange de trouble et de fascination. Là où je rejoins le candidat DVG, c'est sur la dénomination de l'exercice. Quand on pense en effet aux dissidents politiques Chinois, Cubains ou Coréens aujourd'hui et à des milliers d'autres avant eux dans d'autres pays, cela jette une lumière crue sur l'usage banalisé que nous en faisons en démocratie.

Cela dit, le résultat reste limpide : si tu veux un député PS, vote PS ... (ah, les raisonnements simplistes de l'apparatchik !)

 

Dis moi combien de bises tu claques, je te dirai combien de voix tu gagnes ...

Les 106 ans d'une des doyennes du canton de Nancy Nord ont donné lieu à un ballet tout à fait intéressant à la maison de retraite, l'adjoint au maire et le conseiller général se sont pliés de bonne grâce à l'exercice avec la centaine de résidants réunis pour fêter leur colocataire.

C'est dans ces moments que je regretterais presque de ne pas être plutôt spectateur qu'acteur et à voir le mal à se retenir de rire franchement du journaliste présent, je me dis que je ne dois pas avoir tout à fait tort ...

 

La première fois que je suis allé dans cette maison du quartier Saint Fiacre, quelques semaines avant les cantonales en 2004, le tour des tables m'avait valu une scène mémorable. Je discute avec un groupe de choses et d'autres quand soudain une dame me toise sévèrement et lâche "Vous savez, ce n'est pas parce qu'on vous parle que l'on va voter pour vous. Ici, on est de droite !" et aussi sec sa voisine qui rebondit "Ne l'écoutez pas, elle est folle ! Moi je ne suis pas de droite et je ne suis pas la seule !", puis la première "Eh bien première nouvelle, tu te mets à voter socialiste à ton âge toi, on aura tout entendu !". Je n'ai pas réussi à ramener la paix et je crois que la partie de carte a été interrompue ....

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jeudi 4 août 2005

Ce ne sera donc pas « espoir » ...

Le terme est utilisé par la nouvelle alliance PC - LCR et loin de moi l'idée de récupérer les bonnes idées de mes bons camarades !

 

Apparatchik (Larousse) : nm, mot russe, membre de l'appareil d'un parti, particulièrement d'un parti communiste, d'un syndicat.

Confessons le donc d'emblée, je suis un affreux apparatchik, certes socialiste franco-européen et non communiste russe.

Ce matin, un éminent journaliste politique de la presse régionale m'invitait à réfléchir à ce qualificatif qui, paraît il, me colle à la peau, un peu trop au goût de certains.

Quitte à le décevoir, je vais plutôt lancer une grande campagne de promotion des apparatchiks : vivent les partis politiques et vivement que les citoyens les investissent par centaines de milliers pour rendre la démocratie représentative plus vivante et plus à l'image de toute la société.

Cela me rappelle une réunion de l'Assemblée des départements de France (ADF) à Paris en juillet, faisant notamment état d'une enquête sur la cuvée 2004 des conseillers généraux : sur quelques 3 000 conseillers généraux en France (de mémoire), nous sommes fièrement 9 à être âgés de moins de 30 ans ... et à l'Assemblée nationale ?

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mercredi 3 août 2005

Certes, les primaires internes pour désigner le candidat socialiste un 1 er août, il y a mieux en terme de mobilisation démocratique.

Mais qui a choisi la date scandaleuse du 4 septembre pour appeler les citoyens aux urnes ? pas un socialiste, que je sache.

Et il faudrait en plus s'excuser de la présence de "seulement" une soixantaine de militants ... je rêve !

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